L’Association des victimes du 28 septembre envisage la saisie de la Cour de justice de la CEDEAO

« Nous envisageons sérieusement de saisir la Cour de justice de la CEDEAO si le ministère de la Justice de Guinée n’ouvre pas le procès d’ici fin décembre 2017 »

Au regard de nombreux dysfonctionnements observés auprès du ministère de la justice de Guinée, l’Association des Victimes, Parents et Amis du 28 septembre (AVIPA) a émis le souhait de saisir la Cour de justice de la CEDEAO dans le cadre de la tenue du procès sur les massacres qui ont eu lieu au stade du 28 septembre en 2009. Cela après deux jours d’échanges avec les acteurs de la société civile, juristes, cadres du ministère de l’Unité nationale et de la citoyenneté, d’autres associations de victimes et les médias ayant eu lieu les 16 et 17 août 2017 à Conakry.

« Nous envisageons sérieusement de saisir la Cour de justice de la CEDEAO si le ministère de la Justice de Guinée n’ouvre pas le procès d’ici fin décembre 2017 », lit-on dans le rapport de l’AVIPA. Un comité de veille et un pool d’experts pour l’accompagnement juridique des victimes ont déjà été mis en place au cours de cet atelier d’échanges qui a porté sur le thème ‘’L’accès à la justice en Guinée et la saisie de la Cour de justice de la CEDEAO dans l’affaire du massacre du 28 septembre 2009’’.

Tout au long de ces journées d’échanges, les victimes ont exprimé leur manque de confiance aux justiciables guinéens à qui, elles reprochent de graves manquements dans cette affaire. Telle que la lenteur dans la procédure judiciaire ce malgré l’arrestation et l’extradition du principal accusé, Toumba Diakité. Le manque de volonté politique et d’indépendance des magistrats, le refus d’auditionner certains membres du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), le silence de l’Assemblée nationale ou encore le manque d’implication effective de l’Institut national indépendant des droits humains (INIDH) sont entre autres des agissements condamnés par les associations des victimes.

Pourtant lors de sa dernière sortie médiatique, le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Me Cheick Sako a réitéré son engagement par rapport à la tenue du procès dans l’affaire du 28 septembre 2009 courant cette année 2017. Pour l’instant, ses propos sont loin de rassurer les victimes du 28 septembre qui menacent de saisir la Cour de justice de la CEDEAO afin de rendre justice après huit longues années d’attente.

La Rédaction de lapresseguinee.org

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