Guinée: Mines ou développement durable? L’Etat semble avoir fait son choix

Dans un article publié par nos confrères de FinancialAfrik, la problématique de la gouvernance dans le secteur minier lié à la protection de l’environnement est longuement développée. Le quotidien Africain des finances en ligne passe en revue et fait une comparaison assez intéressante du point de vue de la réglementation au niveau de l’exploitation des gisements de Bauxite ou de Fer entre la République de Guinée et celle de la Zambie.

Une disparité notoire semble se dégager entre les deux pays dans la prise en compte des dommages causés par la surexploitation minière. Le premier pays, la Zambie a par exemple décidé d’améliorer sa législation pour protéger l’environnement en contraignant ses sociétés au respect des principes du développement et de l’écologie. Quand au deuxième, la Guinée c’est une course après les retombées économiques d’une exploitation non règlementée et dangereuse, dénonce FinancialAfrik dans son article.

Face à certains problèmes environnementaux, d’autres pays ont prit la décision courageuse de stopper leur exploitation pour préserver leur population. C’est le cas, nous relate le site, de la Malaisie qui, en Janvier 2016 annonce officiellement la suspension  de sa production de bauxite. C’est le cas également du Kuala Lumpur qui dépassé par l’exploitation effrénée et dangereuse de ses gisements par les chinois sur son sol a décidé de mettre fin à son malheur.

Au regard de l’expérience de ses deux pays, poursuite le site web, la Zambie et la Guinée, respectivement productrices de cuivre et de bauxite, commencent à être confrontées aux mêmes problèmes économiques, sociaux et environnementaux. C’est pourquoi renchérie le site, le gouvernement zambien s’efforce de légiférer pour limiter les abus des grandes compagnies minières.

De l’autre côté, les groupes miniers chinois continuent de faire la loi en Guinée

Le quotidien poursuit dans son article en disant qu’une prise de conscience de la Zambie ne semble pas être parvenue jusqu’en Guinée, dont les sols contiennent quelques 25 milliards de tonnes de bauxite, soit la moitié des réserves mondiales. Un eldorado économique dont les effets positifs se font malheureusement encore attendre. En cause, l’implantation de compagnies minières chinoises peu regardantes sur les conséquences néfastes sur l’environnement et qui investissent peu sur place. Pourtant, la demande chinoise de bauxite ne cesse de grimper, et pourrait même atteindre les 51,4 millions de tonnes en 2019.

L’on se rappel du problème de Simandou à Beyla ayant conduit à un soulèvement populaire sans précédent. Il faut par ailleurs noter que les passages permanent des camions chargés de bauxite entre les mines et les ports du pays diffusent dans l’air une poussière qui endommage les poumons des populations et déséquilibre l’écosystème. Une situation dont le gouvernement guinéen peine à prendre la mesure. Les 25 et 26 avril dernier, des émeutes ont enflammé la ville de Boké, principal centre de l’exploitation de la bauxite dans le pays.

Suite à ce problème, le Chef de l’Etat guinéen pour calmer les esprits avait déclaré ceci: « Nous pouvons dire que dans ce domaine il y a encore des insuffisances, tant dans la prévention de l’environnement que dans le contenu local. Il n’est pas normal que certaines sociétés minières continuent à faire rouler des camions avec beaucoup de poussières parce que c’est contraire au principe de bonne gouvernance qui est la protection de l’environnement ».

Au regard de ces faits, il est important de se poser la question suivante: Le gouvernement souhaite-t-il adopter une législation contraignante similaire à celle qui a été prise en Zambie ? On peut en douter car: l’État guinéen a signé des partenariats avec les sociétés China Hongqiao Group et Chinalco pour extraire dès 2018 respectivement 22 millions et 40 millions de tonnes de bauxite par an. Le site conclut en disant que cette augmentation exponentielle de volume laisse penser qu’à Conakry, ce sont bien les entreprises de l’Empire du Milieu qui font la loi.

La Rédaction de lapresseguinee.org

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