Conakry, Eboulement à la décharge de Comboss : On en sait un peu plus sur les circonstances du drame !

Moins d’un mois après la diffusion d’un grand reportage sur la décharge de Dar-Es-Salam et son danger sur la santé des populations (voir lien), les citoyens voisins du dépotoir viennent de vivre un mardi noir. Notre rédaction LaPresseGuinee.org vous fait vivre cette tragique journée.

Les pluies diluviennes enregistrées ces dernières 24 heures ont entraîné de fortes coulées d’eau à la décharge de Dar-Es-Salam. Bilan, huit 8 morts et une dizaine de blessés dont 7 graves, a-t-on appris de bonnes sources.

Située en hauteur des habitations environnantes sur une distance de 500 mètres, la décharge a enregistrée tôt le matin, de petites coulées d’eaux à différents endroits. Pendant ce temps, les populations composées d’enfants, adultes et vieux dormant paisiblement ne se doutaient nullement pas de la catastrophe qui se préparait. « C’est du jamais vu. La décharge n’avait jamais cédée auparavant », nous confie Aboubacar Baldé, habitant des lieux avec beaucoup d’émotions.

Une autre dame rencontrée sur les lieux nous raconte. « Au fur et à mesure qu’il pleuvait, la pression s’accentuait sur la décharge. A notre fort étonnement, des tonnes d’ordures ont foncé tout droit sur les dizaines d’habitations dans lesquelles se trouvaient des familles qui ne se doutaient de rien. C’est vraiment catastrophique », dit-elle, les larmes aux yeux.

Les premiers constats font état de cinq (5) morts, de plusieurs blessés et d’importants dégâts matériels. Informé de la situation, le Gouverneur de la ville de Conakry, Général Mathurin Bangoura a été le premier à se présenter sur les lieux avec des sapeurs-pompiers qui ont tout de suite secouru les victimes vers l’hôpital Donka. Ensuite s’en est suivi le Chef de l’Etat, Pr Alpha Condé qui a promis de faire le nécessaire pour secourir les victimes et aussi, trouver des solutions face à cette menace que représente la décharge de Comboss.

D’ici la fin de la journée, le bilan s’est alourdi. Selon des sources officiellesv, huit (8) citoyens ont été retrouvés morts. Des blessés, on en compte une dizaine ayant bénéficié de premiers soins à l’hôpital Donka. Certaines victimes commencent à se remettre. Ramatoulaye Bah, mère de famille sauvée de justesse remercie les agents de santé pour l’attention accordée. Son inquiétude par contre est sa famille dont elle n’a pas eu de nouvelles depuis la matinée. « Ma petite fille de sept ans était couché dans la chambre en train de pleurer et je me suis dit de voir ce qui n’allait pas. Subitement, j’ai entendu le bruit du grand éboulement. Le mur à craquer et s’est écroulé sur nous. Comment sortir ? Les murs et les saletés se sont entassés sur nous. Mes voisins, les femmes, mes deux petites filles n’ont pas survécus », se souvient-elle.

Une triste réalité qui remet sur la table, la délocalisation de la décharge de Comboss, la politique d’habitation à Conakry ainsi que celle de la gestion des ordures. Des solutions draconiennes sont à envisager dans les jours à venir afin d’éviter le pire. De même que la forêt de Démoudoula ou encore le Mont Kakoulima, les occupations anarchiques causent de sérieux problèmes auxquels le gouvernement devrait faire face pour éviter d’autres catastrophes à l’avenir.

Hassane Hilal pour LaPresseGuinée

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