Décharge Kagbélen : Une terre octroyée par feu Gl. Lansana Conté

L’annonce du déguerpissement des habitants de la zone réservée de la décharge Kagbélen a suscité des indignations chez les citoyens.

Pour la petite histoire, la zone réservée de Grand Moulin de 60 hectares (décharge Kagbélen), destinée à servir de décharge pour Conakry, Dubréka et Coyah avait été octroyée aux militaires victimes de l’explosion de la poudrière du camp Alpha Yaya en 2004 par le Président de la République, feu Général Lansana Conté.

Jugée pour sa proximité à la ville, la décharge kagbélen a été déplacée pour un autre lieu de Dubréka appelée « Khorira » avec 60 hectares de terre.

En 2010, le Président de la transition Sékouba Konaté décrète la délocalisation de la future décharge publique du Grand Moulin dans Kabgélen vers Khorira, dans le décret N° : 034/YG/CNDD/FGC de 2010. Cette décision du Président de la transition légalise un peu plus l’occupation des lieux par les citoyens (militaire victime de la poudrière du camp Alpha Yaya).

A la suite du décès du feu Président Lansana Conté et la fin de la transition avec le Général Sékouba Konaté, l’élection du Président Alpha Condé en 2010 semble avoir remis en question ces décisions de l’Etat.

En 2013, ils reçoivent un préavis de déguerpissement sans suite. Cette petite histoire aboutie aujourd’hui à un préavis de déguerpissement sans délais.

Abrité par une école nationale de police, de plusieurs concessions et de la t12 qui longe le domaine, cette zone commence à devenir un imbroglio judiciaire.

Pour plusieurs habitants, la détention de titres fonciers et d’attestation de cession devait les protéger de ce « déguerpissement illégal » : « nous avons été légalement établit, nous possédons des titres fonciers et des attestations de cession, vues et signés par les autorités préfectorales et ceux de l’habitat » affirme Roger Néma Haba citoyen à la décharge Kagbélen. D’autres citoyens consternés par la décision prennent la voie de la justice pour être protéger dans leur Droit : « c’est de l’injustice, ces terres nous les avons obtenues en bonne et due forme, nous n’accepterons pas d’être brimé dans nos droits, actuellement on se mobilise pour contacter les autorités compétentes » a martelé M. Kaba propriétaire terrien.

Face à l’accusation de l’Etat et les documents que font ressortir les populations de la décharge Kagbélen, cette zone dite réservée, révèle une embrouille judiciaire qui dénote de la complexité de l’administration des affaires de l’Etat dans ce domaine.

Ce mardi, les habitants ont organisée une manifestation qui a empêché les autorités de continuer leur marquage. Aux dernières nouvelles, les populations ont fait appel à un pouls d’avocat afin de porter l’affaire au niveau de la justice.

Enquête réalisée par Kadiata Thiam

pour LaPresseGuinée

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