Décharge de Comboss : Une menace pour la santé publique

Décharge de Hafia, dans la commune de Ratoma

Dix mètres, c’est la distance qui sépare la plus grande décharge d’ordures de Conakry appelée  ‘’Comboss’’  des habitants qui y résident dans le quartier Dar-Es-Salam sis dans la commune de Ratoma. Pas besoin de loupe ou encore moins de microscope pour apercevoir les déchets qui traînent en longueur de journée à la devanture des foyers ou encore l’eau usée qui découle de ces montagnes d’ordures.

Assise devant sa maison avec un air inquiet dans une sorte de lac, Mariam déplore leur condition de vie en ces termes : « Il faut dire que nous souffrons surtout en cette période d’hivernage. Quand il pleut, il y a des ordures qui se retrouvent partout dans les ménages sans oublier l’eau usée qui descend dans les maisons. C’est vraiment pénible ».

Il faut toutefois signaler que le voisinage avec la décharge cause de sérieux problèmes de santé aux riverains. Docteur Jacques Kamano, médecin à la clinique Younghouto sise à proximité confirme cet état de fait. « La fumée qui se dégage de ces montagnes d’ordures peut provoquer le paludisme, les infections respiratoire ou aérienne, les maladies diarrhéiques et à ceux-là s’ajoutent les cas de blessures.  Au mois de juin dernier, nous étions face à 105 cas de paludisme, 90 cas de maladies diarrhéiques, 36 cas d’infections respiratoires aériennes et 47 cas de blessures ».

Selon Docteur Kamano, ce centre de santé reçoit une moyenne de 200 patients par mois composés majoritairement des populations riveraines. Les plus exposés restent les femmes et les enfants dont l’âge varie entre 9 et 30 ans. Cela s’explique par le fait que ce sont eux qui arpentent quotidiennement ces tas d’ordures à la recherche d’objets à recycler et de nourriture.

Une situation qui préoccupe le Chef de secteur Rue 14, M. Facely Mara. « Ce dépotoir existe depuis 1997 et le quartier n’était pas si peuplé. De nos jours, nous avons des milliers de personnes qui y vivent et qui sont exposés à des risques de maladie voire d’épidémie. On n’a pas été épargné par l’épidémie Ebola qui a fait 4 morts dans notre zone. Aujourd’hui, presque tous nos puits sont pollués et on a des problèmes pour se ravitailler en eau potable. Ici, tout le monde est devenu fumeur à cause des odeurs et de la fumée qui se dégage. Et malheureusement, on ne reçoit pas de soutien du gouvernement », déplore-t-il.

Une situation qui devrait interpeller les décideurs au plus haut niveau afin de remettre sur la table l’évolution des projets énoncés par le gouvernement telles que la construction d’une décharge d’ordures à plus forte capacité prévue dans la zone de Kagbélèn ou encore la mise en place d’une usine de traitement des déchets dont le lancement officiel de la campagne de sensibilisation  pour l’étude de faisabilité a eu lieu le 16 mars dernier sur le site de Dar-Es-Salam .

M. Oury Diallo pour lapresseguinee.org

SHARE