Conakry: Démoudoula fache, Démoudoula inquiète mais les vrais coupables courent toujours

Dans une décision rendue publique par le gouvernement sur les antennes de la télévision nationale RTG, les occupants du site de la forêt classée de Démoudoula se sont vus sommés de quitter les lieux occupés illégalement. Au lendemain de cet acte le 23 juillet, s’en est suivi une décente des agents de démolissement qui ont contraint les occupants à quitter les lieux. Une semaine après le processus de déguerpissement sur le site de Démoudoula, certaines victimes pourtant disposant des documents officiels accusent les Chefs de quartier qui serait selon eux à l’origine  de leur malheur. Notre rédaction a dépêché une enquête rapide pour découvrir l’origine de ces occupations.

Nicher entre les collines de Koloma et Kaporo, le site de Démoudoula est cette bande de forêt que draine la rivière Démoudoula-Marine classée zone protégée depuis la Première République. La zone étant devenue au fil des ans un endroit prisé par les populations, chacun y construit sans se référer. On retrouve d’ailleurs les habitations privées de certains membres du gouvernement.

 Toute l’affaire commence lorsqu’un citoyen ayant acquis une parcelle décide d’entamer ses travaux de construction. Nuitamment, le chantier mobilise les camions et remorques qui y transportent la terre et les agrégats pour remblayer la parcelle à cause du terrain qui est accidenté. Ces opérations influent fortement sur le lit de la rivière qui déborde et inonde les domiciles des habitants en avale.

Lire aussi: Enquête sur la détention préventive en Guinée

Alerté, le Chef de l’Etat avec une forte délégation constituée des Ministres de l’Habitat, des Eaux et forêts, y effectuent une décente sur les lieux pendant que le Chef de quartier est porté disparu. S’en suit la décision de faire déguerpir les lieux et de démolir les constructions anarchiques.

A la suite de l’opération de démolissement qui a duré deux semaines puis stoppée in-extrémiste suite au communiqué du Ministère de la Justice pour des raisons, selon ce dernier, d’hivernage plusieurs intérrogations démeurents.

Comment ces habitations ont pu pousser à cet endroit ? Les victimes de démolissement avaient-ils les documents officiels attestant leur aménagement ? Qui a signé les actes de donation et les titres fonciers?

Les langues se délient et les secrets tombent. Démoudoula continu de nous livré ses secrets une semaine après cette opération. Un citoyens voulant garder l’anonymat, nous a confié avoir acquis il y a quatre ans son terrain des mains de son frère en toute légalité. « Le terrain appartenait à un de mes frères.

Victime du démolissement de Démoudoula

Au moment de l’achat, je n’avais jamais imaginé que le domaine appartenait à l’Etat. Le malheur est qu’au moment de l’achat ni le chef de quartier (Bah Baillo), moins le vendeur ne m’ont fait savoir que le domaine revenait à l’Etat », explique notre interlocuteur. D’un seul coup, on a reçu un ultimatum, qu’ils allaient commencer la démolition le 13 juin, ceci après le passage du chef de l’Etat sur les lieux. Ma maison, avait 7 pièces au jour d’aujourd’hui il ne reste que deux pour une famille de prêt de 13 personnes » déclare la victime.

Lire aussi: Le Lac de Sonfonia une menace pour les riverains

Une autre victime, Mamadou Saidou CONDE habitait aussi sur le site. Il nous explique, presque les larmes aux yeux, avoir perdu le fruit de 40 ans de labeur entre la Guinée et l’Europe : « les autorités sont responsables du calvaire que nous traversons aujourd’hui. Personne n’est venu s’installer ici sans passer par les autorités du quartier ou l’Habitat. Jai acquis ce domaine depuis 1995 dans les mains de celui dont le père a défriché ces lieux. Et c’est Bah Bailo, aujourd’hui chef de quartier de Bantounka 1 qui avait signé l’attestation de donation ». A-t-il déclaré.

Devant ces révélations troublantes accusant le Chef de quartier de bantounkan1 de complicité et de tromperie, nous sommes allés à la rencontre de ce dernier pour tenter d’avoir sa version de faits. «  Je décline toute responsabilité liée à la vente des domaines, c’est le jour où le Général Ibrahima BALDE du Haut Commandement de la Gendarmerie Nationale est venu avec le Directeur de l’Habitat que j’ai été appelé à les rejoindre sur le site de Démoudoula, n’étant pas à Conakry en ce moment, j’ai joins mon adjoint pour répondre ». nous a confié l’actuel Chef de quartier Bah Bailo.

Par contre, la signature du Chef de quartier (Bah Baillo) ressort sur les actes de donation des deux victimes citées plus haut. Toute chose qui met en doute les propos de ce dernier.

Enquête réalisée par M. Oury Diallo  et Dansa Camara

pour LaPresseGuinée

SHARE