Climat-Accord de Paris: Malgré son engagement de réduction de 13% des GES, le gouvernement guinéen donne son accord pour l’exploitation des forêts classées de Ziama


La société Forêt Forte vient d’ouvrir des activités d’exploitation du bois avec l’avantage d’avoir accès aux forêts classées de Ziama dans la préfecture Macenta et celle de Guécké dans la préfecture de Yomou.

C’est le résultat d’une Convention entre la société Forêt Forte et la Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée (CNTG). L’annonce a été faite lors d’un meeting qui a regroupé les travailleurs de ladite société et les syndicalistes, à la Maison des Jeunes de N’zérékoré.

Alors que la Direction de la société Forêt Forte avait pris la décision de fermer ses portes pour des raisons économiques, suivie de licenciement de tous les travailleurs, c’est l’inspecteur régional du Travail de N’zérékoré, qui a tendu la main pour la table de négociation, le 13 décembre 2017 dernier.

Ainsi, au titre de conclusion du mois de janvier à mars 2018, 218 travailleurs seront engagés. Et d’avril en juin, 462 autres recevront du boulot. Les 488 autres travailleurs restants seront remerciés, et recevront leurs droits en fin janvier 2018, a-t-on indiqué.

Pour des mesures d’accompagnement, la Direction de Forêt Forte accepte de payer deux (02) mois de salaire à chacun de ces travailleurs.

Curieusement, selon la même convention, «pendant la période moratoire pour les travailleurs maintenus, et qui sont provisoirement en activité, les contrats de  travail seront suspendus. Et cette suspension n’accepte que des obligations principales de contrat de travail, à savoir le travail dû au salaire».

Cependant, pour permettre à la société Forêt Forte de bien relancer ses activités d’exploitation, les deux (02) parties se sont engagées à observer une trêve de trois (03) ans. Aussi, cette convention fait l’objet d’accès aux  forêts classées de Ziama dans Macenta et Guécké dans la préfecture de Yomou.

A écouter les techniciens forestiers, ces deux massifs, en plus de leurs richesses en essences exotiques, restent des sources d’habitats des hippopotames nains, des buffles, des panthères, d’innombrables oiseaux, d’insectes, de reptiles et d’écureuils, tous sous protection forestière.

«A l’absence d’une étude environnementale conséquente et de manque d’équipements adéquats pour l’exploitation de ces genres de forêt, le choix se fait naturellement entre la protection de l’emploi et le réchauffement climatique», d’après les spécialistes.

A noter que ces exploitations sapent les accords de Paris ou la Guinée s’est engagée à travers sa Contribution Nationale Déterminée INDC à réduire de 13% sont taux d’émission des gaz à effets de serre.

Ces forêts classées ainsi que la forte concentration de mangroves font aujourd’hui de la Guinée, l’un des rare puits de carbone de l’Afrique de l’ouest.

Malgré toutes ces réalités, le Gouvernement Guinéen semble le premier à fouler au sol les accords de Paris ce malgré la Présidence de Alpha Condé à l’Initiative pour les Energies Renouvelable.

La Rédaction de la LaPresseGuinée avec l’AGP

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