Baccalauréat 2017 : les causes profondes de l’échec des élèves

Les résultats du baccalauréat unique, session 2017 ont été publiés ce mercredi 26 juillet. Seulement 27,15% des candidats ont pu réussir à l’examen. Ces résultats qualifiés de catastrophiques, inquiètent certains parents d’élèves, mais pas le ministre de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation, Ibrahima Kalil Konaté.

« Où est l’inquiétude ? Vous ne voulez pas la qualité ? C’est la médiocrité que vous voulez toujours cultiver ou on veut que la Guinée soit un pays émergent », a-t-il demandé avant de préciser que les résultats de la Guinée sont meilleurs à ceux de certains pays de la sous-région. « Regardez les résultats du Bac au Niger, c’est 8%, en Côte d’Ivoire,  c’est 16%. Nous faisons 27% et vous criez au scandale », a-t-il fait remarquer.

Selon le ministre Kalil Konaté, ces résultats constituent une réussite, si on pense à la qualité: « est-ce qu’on va continuer à tromper nos propres enfants en donnant des chiffres qui ne sont pas réels ? Cette année, on n’a pas repêché même 9,99. Les enfants qui ont eu le bac sont les meilleurs élèves et ils vont nous faire la fierté dans les campus universitaires. J’en suis sûr, parce qu’on a pris juste 10,00. C’est un succès pour la qualité, pas pour la médiocrité. Si nous voulons cultiver l’excellence, c’est une réussite. Si on veut cultiver la médiocrité, franchement vous pouvez estimer que c’est une honte. Mais moi je suis sûr que ce résultat fait honneur à notre système d’enseignement pré- universitaire.»

Dr. Bangaly Camara, Directeur général de l’Institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC) a le même avis : « ce sont des signes avant-coureurs. Parce que c’est juste le début du sérieux qu’on veut donner aux examens nationaux en Guinée. Nous savons très bien que dans nos établissements d’enseignement supérieur ou dans l’enseignement secondaire, à tout bout de cham,  on critique que le niveau des élèves est très bas. Aujourd’hui, quand on commence à entourer les examens nationaux du sérieux pour que les résultats de ce baccalauréat soient des résultats positifs et que nous ayons à l’université des étudiants qui ont une bonne formation, je pense qu’on ne doit pas s’inquiéter pour cela. Je pense qu’on est en train de revenir sur ce qui existait sous la première République. »

Pour lui, c’est une alerte qui a été envoyée aux élèves : « C’est une alerte aux élèves qui doivent maintenant travailler, mettre les distractions de côté et s’adonner aux études. C’est ce que nous voulons, parce qu’il ne faut pas recevoir des gens à l’université alors qu’ils n’ont pas de niveau. »

A en croire Dr Bangaly Camara, les élèves ne sont pas les seuls responsables de ce faible taux d’admission. Les enseignants, dit-il, ont aussi leur part de responsabilité : « les enseignants aussi doivent se remettre en cause. Parce qu’il y a des établissements qui n’ont eu que quatre admis. Cela veut dire que les enseignants doivent se remettre vraiment en cause. Il faudrait que maintenant les programmes soient enseignés correctement. Les fondateurs, les directeurs des établissements Pré-Universitaires doivent prendre conscience qu’ils ne doivent pas laisser les élèves comme ça, mais ils doivent leur donner la possibilité d’apprendre. »

Source Guineenews

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