Immigration clandestine: Un an après le démantèlement du Camp de Calais


Il y a de cela juste un an, plusieurs migrants de la jungle de Calais en France étaient transférés vers des centres d’accueil et d’orientation (CAO) dans les régions françaises.

Actuellement, les associations qui leur soutiennent financièrement fustigent une situation qui s’est largement détériorée. C’était un lundi 24 octobre 2016 tôt le matin que cette opération de transfèrement s’est débutée et elle s’est poursuivit trois jours durant.

D’après la préfecture, près de 6 000 personnes ont été « mises à l’abri », soit presque autant que ceux qu’elle avait recensés avant l’évacuation. Mais bien moins que les 8 300 dénombrés par des associations à la mi-octobre a souligné à l’époque la Voix du Nord.

Un an plus tard, 42% de ceux qui avaient demandé l’asile l’ont obtenu, indique l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). 46% attendent encore une réponse définitive. La promesse de ne pas renvoyer les « dublinés » qui, en vertu des accords de Dublin, ne peuvent faire leur demande que dans le pays où ils ont laissé leurs empreintes, a été respectée.

Le mois de  juillet dernier, l’ONG Human Right a publié un rapport accablant sur les violences policières à Calais. A l’issue de ces accusations, une « mission d’évaluation » a été dépêchée par le ministère de l’Intérieur français. Elle reconnait de plausibles abus des forces de l’ordre.

Les associations poursuivent donc leurs enquêtes, équipées de caméras. Elles ont remarqué que les violences étaient moins nombreuses en présence de témoins. De mars à août, elles ont elles-mêmes fait les frais du zèle de la police. « Les contrôles d’identité étaient systématiques, les amendes pleuvaient », se souvient François Guennoc. Jusqu’à ce que le tribunal administratif décrète que le travail des associations ne pouvait pas être entravé.

C’est à l’issue d’un bras de fer entre le Ministre en charge de l’intérieur français et le Conseil d’Etat que cette dernière a pu finalement prendre une décision pour l’accès aux douches et des sanitaires aux migrants. Un privilège que l’ONG juge trop restreint voir limité « Il est préoccupant qu’environ 700 migrants à Calais et ses environs comptent temporairement sur 10 toilettes portatives et 10 robinets seulement » a déclaré le Haut Commissariat aux droits de l’homme (HCDH). Une situation sanitaire qui reste très pitoyable souligne-t-il. Médecins du Monde qui intervient sur les cas de varicelle et de tuberculose fustige elle aussi le harcèlement de la police qui leur empêche un suivi médical. Mais actuellement les gens se cachent et refusent de se faire soigner.

Aboubacar Arafan Camara

Pour LaPresseGuinée

SHARE