Violences à Kamsar : Un collectif des ONG présente son rapport

Après les violences survenues dans la nuit de 08 au 09 juin 2017 dans la ville de Kamsar, le collectif des ONG pour des textes respectueux des droits humains a présenté son rapport préliminaire ce mardi 19 septembre 2017 aux journalistes. L’objectif de cette conférence était de faire la situation sur les nombreux cas de « violations des droits humains » qui ont enregistrés un cas de mort et une trentaine de blessés. 

Collectif ONG sur Kamsar
Collectif ONG sur Kamsar

C’est le siège de l’Institution Nationale Indépendante des Droits Humains (INIDH) qui a abrité la conférence de presse animée par le collectif des ONG composé de CAFIDHE-CODDG-CPDH-LIGUIDHO-PDH et WAFRICA Guinée.

Le responsable de l’ONG Protégeons les Droits Humains (PDH), Ibrahima Diallo a mis l’accent sur les droits de la première génération qui sont les droits civils et politiques. « Pendant ces manifestations, y’a eu des cas de violations des droits de l’Homme dans la ville de Kamsar. Parmi ces cas, nous pouvons citer le droit à la vie. Selon les différents témoignages recueillis sur le terrain, on fait mention d’un mort et de nombreux blessés. Nous avons rencontré un responsable du commissariat spécial qui nous déclare que le jeune Mohamed Conté est décédé des suites d’une mauvaise manipulation des armes dérobées par les manifestants. Un témoignage démenti par le point focal du comité de suivi et de réflexion en ces termes « c’est lorsque le commissariat de police a été envahi qu’un policier a tiré » », a-t-il indiqué.

Rappelant la nature d’autres cas de violations enregistrés dans la même nuit du 08 au 09 juin à Kamsar, le président du Centre Africain de Formation et d’Information sur les Droits Humains et Environnement (CAFIDHE) précise que : « la violation d’un droit entraîne la violation d’un autre droit connexe. Au-delà du droit à la vie et à l’intégrité physique, il y’a d’autres droits connexes qui ont été violés notamment le droit à la propriété, à la liberté et à la sécurité ainsi que la responsabilité sociale des entreprises et le droit au respect de la légalité et de la procédure », souligne-t-il.

A l’issue de cette mission, le collectif des ONG a formulé des recommandations tant à l’endroit de l’Etat, des communautés, des responsables politiques et administratifs qu’aux organisations de la société civile guinéenne.

Au gouvernement, le collectif demande l’ouverture  d’une enquête judiciaire pour arrêter les auteurs de la mort de Mohamed Conté, de veiller au respect strict des normes dans le cadre de maintien de l’ordre, de rehausser l’effectif des forces de sécurité au prorata du nombre d’habitants de la localité et de mettre en place des programmes de lutte contre la pauvreté et d’insertion professionnelle pour améliorer l’employabilité des jeunes.

Aux organisations de la société civile, le collectif recommande d’assurer quotidiennement leur rôle de veille, de prévention et de gestion de conflits ; de promouvoir le civisme à travers des séances de causeries éducatives, de sensibilisation et d’information et également de continuer à documenter les cas de violations des droits de l’Homme constatés.

Aux sociétés minières

De publier ce qu’elles payent à l’Etat et à la collectivité en guise des obligations de transparence qui leurs incombent et conformément aux principes de l’ITIE auquel la Guinée fait partie. De participer au développement intégré de Kamsar à travers l’investissement dans les secteurs hydroélectrique, environnemental, des travaux publics et de l’éducation pour l’amélioration des conditions de vie de la population local ; de respecter le code minier en matière d’employabilité des autochtones sans oublier de faciliter et favoriser la mise en place des espèces d’échanges avec les jeunes.

Mamadou Oury Kankalabé Diallo

Pour LaPresseGN

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