Port de Kaporo : Un calvaire pour les riverains et usagers

A l’image des ports de pêche de Boulbinet, Matam ou Dixinn, la quasi-totalité des débarcadères de la capitale guinéenne se trouve de nos jours dans un état hygiénique désolant.

A l’image des ports de pêche de Boulbinet, Matam ou Dixinn, la quasi-totalité des débarcadères de la capitale guinéenne se trouve de nos jours dans un état hygiénique inquiétant. Celui de Kaporo ne fait pas l’exception. Devenu une source de diverses maladies pour la population et celle riveraine en particulier, notre rédaction s’y est rendue pour constater le phénomène à ciel ouvert.

A proximité du port de Kaporo, se trouve un petit marché convoité pour ces produits de mer (poissons, crevettes, crabes…). Il accueille tous les jours de nombreux visiteurs venus du quartier et de divers horizons. Si ces clients sont satisfaits de la disponibilité des produits halieutiques sur place, il va s’en dire qu’ils sont aussi accueillis par des odeurs nauséabondes et infectes.  Une situation que déplore la vendeuse Fatou (nom que nous lui avions donné dans le cadre de ce reportage) : « Ici, nous avons vraiment du mal à respirer à cause de la mauvaise odeur qui vient du port ».

La cause : divers angles du port servent de dépotoir d’ordures pour les citoyens riverains. Parfois, il n’est pas rare de retrouver des déchets plastiques flottés au large du bras de mer. Mamadouba Sylla, Responsable dudit port accuse plutôt le manque d’aménagement des lieux. « Le port n’est pas aménagé. Ce qui fait que les gens viennent à tout moment jeter les ordures un peu partout. Nous sommes exposés à toutes sortes de maladies liées à l’insalubrité. Nous travaillons pour approvisionner la population en poissons et il faut reconnaitre que le lieu est envahi aujourd’hui par des ordures. C’est regrettable de faire consommer ces produits par cette même population », regrette-t-il.

Contrairement à l’article 68 du Code de santé publique qui stipule que ‘’Tout lieu de vente de denrées alimentaires devra être maintenu dans un état de salubrité constant’’, le port de Kaporo ainsi que son marché voisin n’offrent plus de confort à ses visiteurs. Pour remédier à cette situation qui risque de faire fuir les clients, Fatou demande une attention particulière du gouvernement guinéen. « Nous (les femmes) et nos enfants vendons ici, au beau milieu de ces ordures pour avoir de quoi se nourrir. Le port et son entourage sont abrités par des saletés qui sont sources de maladies. On a tous connu l’épouvantable épidémie d’Ebola, il y a aussi le choléra… Pour le moment, seul Dieu pourra nous sauver mais nous souhaitons que le gouvernement prenne des mesures sanitaires adéquates pour changer la donne », dit-elle.

Une triste réalité qui devrait amener le département des pêches, de l’aquaculture et de l’économie maritime à prendre des dispositions concrètes pour la réalisation du projet de rénovation du débarcadère de Kaporo. Sans quoi, la santé des clients sera toujours en danger.

Zézé Inapogui pour LaPresseGuinee

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