Conakry: le pire est à craindre, alerte les spécialistes de la météorologie

Il y a une semaine, la Sierra Leone vivait la pire catastrophe qu’ait connue sa capitale, Freetown. Après trois jours de fortes pluies, des glissements de terrain et des torrents de boue ont surpris dans leur sommeil les populations de cette ville surpeuplée causant au moins 499 morts et des centaines de disparus. Au même moment, Conakry enregistrait 1.486 millimètre d’eau, la plus forte pluviométrie de la saison. Connaissant les constructions vétustes et la mauvaise urbanisation de la capitale, le pire est à craindre alerte les spécialistes de la météorologie.

Selon la direction nationale de la météorologie, Conakry a enregistré 1.486 millimètre d’eau entre les 7, 15 et 21 du mois de juin dernier. Cette forte pluviométrie, nous dit-on pourrait compromettre certaines constructions vétustes et anarchiques ne répondant pas aux normes du plan d’aménagement.

« Conakry, c’est la capitale mondiale de la pluie » déclare le Directeur national de la Météorologie. Il y a eu cette année, des épisodes très pluvieux dont les quantités ont été supérieures à la moyenne. Par exemple, le 7 juillet, on avait eu 214 millimètres en 24 heures. Cela signifie 2145 tonnes d’eaux déversées sur une surface d’un hectare. Quant au mois d’août, il y avait environ 85 millimètres d’eau qui avaient été enregistrés à l’aéroport de Conakry contre 50 millimètres au port de Conakry, apprend-on.

Le Directeur national de la Météorologie, Dr. Mamadou Lamine BAH alerte les populations de la capitale sur de possibles cas d’inondations. « Nous avons des pays d’à côté où il y a trois fois voire huit fois moins d’eaux que nous qui viennent d’être frappés par une catastrophe. Par exemple à Dakar, la quantité totale qu’on peut enregistrer au cours d’une année, c’est 800 millimètres. Alors qu’en Guinée, en une journée on peut recueillir jusqu’à 200 millimètres », a-t-il indiqué.

Concernant les constructions anarchiques sur les montagnes, Dr BAH souligne que rien n’est exclu. Selon lui, lorsque vous quittez Conakry en allant vers Coyah, vous êtes étonnés parce qu’il y a des bâtiments qui ont poussé au niveau des flancs de la montagne de Kakoulima. Pour pouvoir construire ces maisons, poursuit-il, ils ont décapé la montagne, modifié la structure du sol et déplacé le lit de certains marigots. Et c’est la même chose qui s’est passé à Démoudoula.

Dr Mamadou Lamine BAH interpelle les citoyens et les autorités à plus de responsabilités. Car selon lui, pour éviter les inondations, le civisme des populations doit être de rigueur. Les déchets dans les caniveaux d’évacuation d’eaux de pluie, les constructions anarchiques dans les lits de nos fleuves et marigots sont des comportements à éviter. Il a aussi rappelé que le drame qui vient de se dérouler en Sierra Leone inquiète certains citoyens.

Il semble donc clair que les autorités et les citoyens doivent s’armer de prudence et de vigilance pendant ces périodes de grandes pluies à cause des inondations. Il revient aussi à tous de prendre conscience afin d’éviter toute pratique pouvant causer des préjudices à la nature pour éviter des catastrophes dues aux inondations.

La Rédaction de lapresseguinee.org

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