Pêche INN : La Guinée engagée dans le combat

Sortie de la liste des pays tiers non-coopérants en matière de pêche illicite, non déclarée et non réglementée (Pêche INN) en octobre 2016 par la Commission européenne, la Guinée semble bien engagée à respecter ses promesses en vue de promouvoir la pêche durable.

Cela se traduit par la mise en œuvre de ses obligations découlant du droit international et un arrêté portant sur le cadre juridique adéquat pour lutter contre la pêche INN. Selon Mohamed Sankhon, Directeur du Bureau Stratégie et Développement (BSD) au Ministère des Pêches, de l’Aquaculture et de l’Economie Maritime, un décret a été pris pour l’équipement obligatoire des navires possédant des licences et la mise en place  d’un système de repérage par satellite afin qu’ils soient géo-localisés partout. Cela se fait dans l’optique d’améliorer la situation. « Les capacités des agents des centres de suivi ont été renforcées. Un système de contrôle et de suivi des régimes de surveillance des navires de pêche même par voie aérienne a été établit. Cela à travers l’élaboration d’un plan national d’inspection et l’organisation des missions conjointes de surveillance avec les pays voisins ainsi que des ONG internationales », a-t-il fait savoir.

« Depuis le début de l’année 2017, le Centre national de surveillance et de police des pêches (CNSP) compte 27 navires industriels et artisanaux arraisonnés. L’on se souvient, de la surveillance menée avec Green Peace durant sept jours qui s’est soldée par l’arraisonnement de trois navires chinois pour pêche interdite des ailerons de requins et utilisation de filets non conformes à la règlementation guinéenne. Des opérations ayant permis à l’Etat de renflouer ces caisses avec des amendes finalement revues à la baisse après demande de dérogation à 100.000 euros par navire », a rappelé Demba Guissé, Directeur du CNSP.

Il a par ailleurs souligné qu’une opération conjointe des eaux guinéennes a été mené en avril dernier avec la Commission sous régionale des pêches. Au cours de laquelle, 26 navires ont été inspectés. « Au déclenchement de l’opération, beaucoup de navires évoluant en mer ont préféré rejoindre le port de Conakry pour se mettre en règle. Il n’y a pas eu d’arraisonnement proprement dit mais l’on s’est félicité de l’aspect dissuasif qui a permis à de nombreux bateaux d’être dans les règles ».

Si ces mesures apportées par le gouvernement semblent porter fruits, il va s’en dire que la Guinée a encore du chemin à faire pour combattre efficacement la pêche INN. L’Association des jeunes pêcheurs artisans de Guinée (AJPAG) dénonce la corruption au sein du secteur. « Certains bateaux en complicité avec les inspecteurs de pêche rentrent la nuit dans notre zone pour pêcher entre 5 heures et 6 heures du matin. Ces inspecteurs éteignent le système obligatoire de suivi par satellite. Pour se défendre, ces derniers pointent du doigt les autorités des pêches tout en dénonçant la corruption généralisée depuis l’octroi des licences », dénonce Kallo Idrissa, vice-président de l’AJPAG.

Meryem pour lapresseguinee.org

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